Prométhée – Site Communiste

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Nouveau Site Internet

Publié par promcomm le 10 janvier 2012

L’activité de Prométhée se poursuit dans le cadre d’un nouveau site

Son adresse : http://www.promethee-1871.com

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Des milices privées dans les quartiers populaires

Publié par promcomm le 27 décembre 2011

Le décret du 21 décembre 2011, où comment créer et développer massivement des milices privées pour contrôler les quartiers populaires.  A la veille de Noël, François Fillion a signé un décret qui est passé presque inaperçu. Pourtant, ce texte ouvre la porte à un renforcement sécuritaire inédit, par l’intermédiaire d’acteurs privés.  En effet, les gestionnaires d’immeubles collectifs d’habitation sont désormais autorisés à détenir des armes de 6ème catégorie pour assurer des missions de gardiennage et de sécurité.

L’habitat collectif, on le retrouve concentré dans les quartiers populaires. L’Union Sociale de l’Habitat à-elle-seule regroupe un parc de 4,2 millions de logements (dont 26% en Zone Urbaine Sensible) permettant de loger 10 millions de personnes (un français sur six !).

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La faillite programmée de l’enseignement supérieur public

Publié par promcomm le 22 décembre 2011

participe prométhéeL’Université Pierre et Marie Curie (Paris VI), l’Université de Savoie, l’Université Bordeaux III, l’Université de Limoges et l’Ecole normale supérieure de Cachan ont connu deux exercices financiers consécutifs déficitaires. Elles ont donc été placées sous la tutelle du Recteur.

Sont menacées également à court terme l’Université de Paris XIII et l’INSA de Rouen, voire l’Université de Bretagne sud (déficit de 1,2 million d’euros), l’Université de Paris II, l’Université de Nantes (déficit de 4 millions) et celle de Pau (déficit de 2 millions).

En 2010, le déficit cumulé des Universités a atteint le pic de 37 millions d’€. En 2011, il a littéralement explosé.

Avec la loi sur l’autonomie, ce déficit va s’accroître inexorablement. Le président de l’Université de Savoie explique ainsi que le déficit enregistré en 2009 est le résultat des « mises aux normes comptables », « obligatoires » découlant de la LRU qui ont pesé pour 2,1 millions d’euros dans les comptes. Le président de l’Université de Limoges parle lui d’un « mécanisme » qui a conduit à 3 millions de déficit. Le Président de la Conférence des présidents d’université (CPU), affirme « on ne peut pas dire que c’est lié à la mauvaise gestion des présidents autonomes ». Il ajoute que la situation est liée « à l’autonomie, en raison du changement des règles comptables ». Le déficit est donc programmé pour mieux reformater l’enseignement supérieur public.

La loi sur l’autonomie modifie l’inscription budgétaire des recettes provenant des usagers de l’Université, les étudiants. Les frais d’inscriptions sont désormais comptabilisés sur deux exercices budgétaires : un tiers sur une année et les deux autres tiers sur la suivante.

La masse salariale est désormais réintégrée dans le budget universitaire. Elle constitue une donnée d’ajustement budgétaire. En d’autres termes, pour ne pas être en déficit, des postes sont gelés par dizaines, comme à Bordeaux (15 postes d’ATER), à l’Université de Bretagne-Sud (18 postes gelés, 44 renouvelés à durée déterminée pour éviter un engagement à long terme). Avec comme conséquence la suppression de formations : 8.000 heures de cours supprimées à Bordeaux et à l’Université de Bretagne Sud, les formations à faible effectif ont été fermées. A Grenoble I, les programmes de recherche et de formation seront en 2012 amputés de 5 à 10%. A Nantes, le déficit de 4 millions porte sur la masse salariale. Les économies passeront par une réduction de 20% des heures complémentaires, par la suppression de formations pour les personnels, par une baisse des prestations de fonctionnement et par le gel des investissements.

Et si cela n’est pas suffisant pour faire face aux dépenses, les universités puisent dans leurs réserves financières, comme l’a fait par exemple l’Université Paris VI. Elles se départissent donc d’une partie de leur épargne, parfois en réorientant des recettes (contrats de recherche, subvention de collectivités) devant financer d’autres dépenses (achat de matériel de recherche, financement de programmes de recherche). Mais cette voie comptable ne durera qu’un temps.

Demain, ce sont les droits d’inscriptions qui constitueront la nouvelle donnée d’ajustement, alors que la faillite des CROUS est-elle aussi organisée comme en témoigne la question du retard de versement des bourses.

Mais demain, y-aura-t-il encore des universités dignes de ce nom. Le Monde du 25 novembre 2011 titrait un de ses articles, non sans raison « des universités en ruine ».

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Une dette liée à la nature militaire du capitalisme

Publié par promcomm le 21 décembre 2011

guernica pour prométhéeLa situation politique actuelle est marquée par la crise du système capitaliste à l’échelle mondiale.

A l’image de la chute du système stalinien, il y a vingt ans maintenant, c’est une nouvelle fois la guerre et notamment la guerre en Afghanistan qui précipite la crise.

A la suite de la crise financière partie des États-Unis, ceux-ci ont injecté, près de 700 milliards de dollars dans le sauvetage de leurs établissements bancaires.

Cette somme est à rapprocher de celles que représentent les dépenses liées à la «guerre globale contre le terrorisme» du 11 septembre 2001, au début de la crise en 2008, à savoir 824 milliards de dollars (171,1 pour l’Afghanistan et 653 pour l’Irak).

Le coût total des guerres en Irak et en Afghanistan pourrait atteindre – sur la période 2001 –2017 – 2 400 milliards de dollars, selon un rapport officiel du Bureau du budget du Congrès américain (CBO). Les dépenses pour les guerres pourraient atteindre 1 700 milliards de dollars, auxquels il faudrait ajouter 705 milliards pour payer les intérêts d’emprunts.

Comment croire qu’il n’existe aucun lien de cause à effet entre ces deux masses financières ? Comment ne pas comprendre qu’une économie, fût-elle la première du monde, ne peut entretenir aussi longtemps un tel effort militaire, notamment les 600 000 emplois détruits de janvier 2008 à 2009 aux Etats-Unis La facture de cette guerre est aujourd’hui présentée aux peuples.

Augustin Balby

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Capital contre Démocratie

Publié par promcomm le 14 novembre 2011

La crise qui secoue, depuis 2008, le capitalisme mondial provoque de violentes secousses dans l’Union européenne et plus particulièrement dans la zone euro. Sur fond de profonde et durable crise économique systémique perce une tout aussi profonde crise politique. De sommets européens en G20, de réunions en conciliabules du directoire germano-français, les gouvernements affichent le marasme dans lequel ils évoluent avec l’unique objectif d’être les meilleurs serviteurs possibles de leur Maître : le Capital que les médias domestiqués s’obstinent à appeler les marchés financiers.

Cette situation illustre à merveille que « le gouvernement moderne n’est qu’un comité qui gère les affaires communes de la classe bourgeoise tout entière. » [1] Comme de quelconques actionnaires mécontents qui virent les membres du Conseil d’administration d’une entreprise, les fantomatiques marchés financiers virent les gouvernements dans lesquels ils n’ont plus confiance. La mesure de cette confiance est déterminée « scientifiquement » par les agences de notation. Malheur à celui qui est rétrogradé !

C’est ce que viennent de subir en quelques semaines la Grèce et l’Italie. Pour qu’il n’y ait aucune ambiguïté sur ce qui va suivre : à Prométhée nous n’avons aucune sympathie pour le social-libéral Papandreou ou pour le réactionnaire Berlusconi. Mais force est de constater que le renversement de deux gouvernements issus du suffrage universel porte un nom : il s’agit de coups d’État. Ces derniers ont été pilotés par Angela Merkel et son second Nicolas  Sarkozy, ressuscitant ainsi la théorie de la souveraineté limitée de Leonid Brejnev en 1968..

La démocratie, même formelle, devient un obstacle à la volonté supérieure du capitalisme. Cette volonté est renforcée par la peur de la mobilisation des masses populaires qui sont contraintes au sacrifice pour que vive le veau d’or du capital. Qu’on se souvienne de l’angoisse qui a envahi le maître et ses principaux serviteurs à la seule annonce d’un possible référendum en Grèce.

La réaction ne s’est pas fait attendre trop longtemps : il faut remplacer les gouvernements incapables de maîtriser la classe ouvrière par des gouvernements dits “techniques” et si possible d’union nationale. La crise dans la zone euro est si profonde que les bourgeoisies retrouvent les accents de… 1914.

Les nouveaux chefs de gouvernements ont prouvé dans le passé qu’ils avaient une réelle expertise se situant au dessus des choix politiques partisans. Mario Monti, en Italie, fut de 1995 à 2004 commissaire européen à la concurrence et au marché intérieur. Cerise sur le gâteau il a exercé son expertise auprès de la banque Goldman Sachs.

Loukas Papademos, en Grèce – avant d’œuvrer comme vice-président de la Banque centrale européenne (BCE) – fut de 1994 à 2002 gouverneur de la Banque de Grèce, à l’époque où la Grèce préparait le passage à l’euro avec l’aide d’un expert de Goldman Sachs (encore !), un dénommé Mario Draghi, aujourd’hui président de la BCE. Voilà ce qui se cache sous l’appellation « gouvernement technique » : c’est les pleins pouvoirs au capitalisme financier. Autrement dit : donner les clés de la caserne de pompiers aux pyromanes !

L’autre aspect de l’histoire qui s’écrit en Europe porte le nom d’union nationale. La situation est si grave qu’il faut impliquer le maximum possible de partis. Et cette union nationale n’a pas de limites, toutes les bonnes volontés sont les bienvenues. Ainsi en Grèce le LAOS, parti nostalgique de la dictature des colonels vient d’entrer au gouvernement. Pour ceux qui ne comprendraient pas très bien le sens d’un tel gouvernement, il faut imaginer, en France, un gouvernement qui irait du PS au FN en passant par le centre et l’UMP.

Pour le capital tout doit être mis en œuvre pour que la classe ouvrière renonce, si possible en faisant sienne l’objectivité des sacrifices. Pas si sûr qu’il y parvienne !

Emile Fabrol

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1.- Marx & Engels, Le Manifeste de parti communiste.

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Front national : Demandez le programme

Publié par promcomm le 25 avril 2011

L’ancien ministre socialiste Roland Dumas déclare que Marine Le Pen a un certain charme. L’intellectuel Emmanuel Todd, pourtant très investi dans la défense des droits des immigrés, estime que le programme économique du Front National est crédible. La presse met en valeur trois syndicalistes qui ont adhéré au Front national et des sondages placent Marine Le Pen au deuxième tour de l’élection présidentielle. Le 21 avril 2011, s’exprimant sur RMC, le journaliste Jean-François Kahn estime que le programme du Front National est anticapitaliste, et selon le Journal du Dimanche du 24 avril, Marine Le Pen serait la candidate préférée des ouvriers.
Question : un nouveau Front national, plus social, plus proche des travailleurs et de la jeunesse serait- il en train d’émerger ? C’est ce que tente de faire croire Marine Le Pen qui, le 8 avril dernier, devant la presse spécialisée, a présenté les grandes orientations économiques de son parti. Dans le même temps, le site internet de ce parti diffuse de nombreux textes présentant ses propositions concernant l’euro, la mondialisation, le libre échange et les nouvelles politiques économiques nécessaires au retour de la croissance et à la création d’emplois.
Selon les responsables du FN, ce retour passe par une rupture avec « l’euro, à tout prix » et le libre échange mondialiste, ainsi qu’avec les politiques d’austérité qui les accompagnent.
Cette rupture, toujours selon les responsables du FN, ne peut se réaliser que par l’intervention d’un État stratège, protecteur des intérêts des travailleurs français et de la population, victimes de la mondialisation et de ses conséquences désastreuses.
L’argumentation du FN est présentée de la façon suivante : Lire la suite »

Publié dans Capitalisme, Crise du capitalisme, Mouvement Social, Politique gouvernementale | 1 commentaire »

La révolution tunisienne a commencé

Publié par promcomm le 18 janvier 2011

Les communistes qui éditent le site Prométhée sont solidaires du peuple tunisien qui dans un élan fantastique vient de chasser le dictateur et continue le combat pour exiger la fin définitive de la dictature de Ben Ali, dictature avec laquelle Bouteflika entretient d’excellentes relations. Conformément aux traditions du mouvement ouvrier, nous lions le sort des peuples algérien et tunisien, qui, dans des conditions qui ne sont certes pas totalement identiques, combattent contre l’exploitation et l’impérialisme et pour la démocratie.

Un « nouveau » gouvernement tunisien vient d’être constitué. Il compte six ministres de Ben Ali aux postes clés (intérieur, défense, économie) et des ministres d’opposition à Ben Ali. C’est un ministère qui a pour but de protéger les rouages de la dictature et de tenter de maintenir l’essentiel du système. Son objectif est de gagner du temps et de faire reculer le mouvement des masses au compte de l’impérialisme. Un impérialisme inquiet, puisque Obama à déjà envoyé son conseiller pour la lutte anti-terroriste en Algérie où il a été reçu par Bouteflika pour discuter de la situation militaire dans la région, mais en réalité de la situation créée par la révolution tunisienne. Comme tous les autres dictateurs de la région, Bouteflika craint que le mouvement des masses en Tunisie se prolonge en Algérie, il vient de déployer ses forces de répression à Alger et fait arrêter un syndicaliste.

Jusqu’au bout, l’impérialisme français a soutenu son protégé Ben Ali. Le gouvernement Sarkozy a maintenu, jusqu’à la dernière minute, un appui indéfectible au régime et à son chef. La ministre des affaires étrangères, Michèle Alliot-Marie, allait même jusqu’à proposer l’expéertise des forces de répression françaises. Mobilisé, le peuple tunisien vient d’infliger une défaite à la bourgeoisie française, défaite qui ne sera pas sans conséquences dans sa zone d’influence.

Le peuple tunisien a renversé Ben Ali pour en finir avec tout le système de la dictature et sa politique pro-FMI. Et ceci n’est une vue de l’esprit, il y a quelques mois le président du FMI – le « socialiste » français Dominique Strauss-Kahn – était venu à Tunis féliciter Ben Ali pour sa politique économique, celle-là même contre laquelle le peuple tunisien s’est révolté.

Ce dernier ne s’est pas mis en mouvement pour avoir un gouvernement de continuité. Il manifeste toujours pour la rupture avec l’ancien régime et pour la satisfaction de toutes ses revendications. Il manifeste pour un gouvernement qui prenne toutes les mesures nécessaires à la rupture avec la dictature, ses partis, et ses hommes, pour un gouvernement populaire mettant en oeuvre une politique de reconstruction économique et sociale centré sur les besoins de la population, c’est-à-dire une politique d’indépendance vis-à-vis des impérialistes et des entreprises multinationales, tout particulièrement pour briser l’emprise de la bourgeoisie française sur la Tunisie.

Le peuple tunisien est seul en droit de décider de son sort. Il doit pouvoir discuter librement et débattre de la question de son gouvernement. C’est pourquoi il faut rétablir les libertés démocratiques élémentaires et organiser la tenue une assemblée nationale des comités de défense des quartiers, des organisations ouvrières et démocratiques qui ont combattu la dictature pour élire un gouvernement qui s’engage à préparer la convocation d’une Assemblée constituante souveraine et à défendre la révolution.

Cela constituerait un point d’appui pour le peuple algérien et pour tous les peuples de la région. De la même façon, cela constituerait un point d’appui pour les classes ouvrières des pays capitalistes qui affrontent la politique antisociale de leurs gouvernements orchestrée par le FMI et l’Union Européenne.

BAS LES PATTES DEVANT LA TUNISIE !

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Algérie : Un bien curieux Parti des travailleurs

Publié par promcomm le 18 janvier 2011

Le site du POI publie un communiqué du PT algérien sur les émeutes des jeunes. Ce communiqué ne dit pas un mot des jeunes tués par les forces de répression, et n’appelle pas à la fin de la répression et des arrestations. Il appelle le gouvernement algérien à prendre des mesures contre la crise – mesures justes – mais n’appelle en rien la population et les travailleurs à la solidarité active avec les jeunes, c’est-à-dire à descendre dans la rue.

Aucun appel à l’UGTA pour organiser le combat avec la jeunesse. Pas une seule fois le nom de Bouteflika n’est cité. Pas une seule fois, le communiqué ne fait référence aux manifestations qui ont lieu en Tunisie et qui participent d’un même mouvement des masses de la région contre l’exploitation. Ce communiqué s’accompagne de déclarations de Louisa Hanoune reprises dans la presse algérienne.

Dans le journal Horizons du 8 janvier 2011, la dirigeante du PT déclare que « l’Algérie n’est pas à feu et à sang »”, qu’il ne s’agit « pas d’un soulèvement de toute la jeunesse » et que « le gouvernement n’a en aucun moment fait la sourde oreille aux préoccupations citoyennes ». Sur le site d’El Hannabi, Louisa Hanoune déclare que « 800 000 logements sociaux ont été distribués » et « qu’il y a un début de réponse aux problèmes mais cela ne répond pas aux attentes ». Elle ajoute : « il faut être malhonnête pour nier tous les efforts de développement du gouvernement ces dernières années ».

Toujours dans Horizons, Louisa Hanoune affirme qu’il n’y a aucun rapport entre les émeutes de Tunisie et d’Algérie. Selon la dirigeante du PT algérien, la politique du gouvernement algérien n’est pas une politique d’austérité. Il est vrai que le 23 octobre dernier, elle déclarait que « le bilan du gouvernement est en partie positif ». On se souvient que fin novembre, à Alger, le PT algérien et le POI étaient, avec d’autres organisations , les organisateurs d’une conférence mondiale contre la guerre et l’exploitation. Une conférence qui avait reçu un message du premier ministre algérien. Aujourd’hui le PT d’Algérie et le POI ne disent pas un mot de la guerre que le président Bouteflika et son gouvernement font au peuple algérien pour accroître son exploitation.

Le numéro 131 d’Informations ouvrières , daté du 13 janvier consacre plus d’une page à l’Algérie. Le mot répression n’est jamais utilisé. Le lecteur de ce journal ne peut y apprendre que des jeunes manifestants ont été tués par la police de Bouteflika. Il ne peut également y apprendre que, selon certains journaux algériens, plus de 1 000 personnes ont été arrêtées et que des procès ont déjà eu lieu.

Comme la direction du PT d’Algérie , la rédaction d’Informations ouvrières établit une stricte séparation entre l’Algérie et la Tunisie, et refuse de lier le combat des deux peuples pour le respect de leurs droits. Comme on peut le constater, Informations ouvrières, qui se vante souvent d’être le seul à rapporter tous les faits nécessaires au combat de classe et à la construction d’une Internationale ouvrière, fait preuve d’une conception pour le moins étonnante de l’information, de la solidarité entre les peuples et de l’internationalisme. De même, force est de constater que la direction du POI, qui donne volontiers des leçons d’indépendance de classe, semble, c’est le moins que l’on puisse dire, pas très indépendante du gouvernement Bouteflika.

Pour notre part, conformément aux traditions du mouvement ouvrier, nous sommes totalement solidaires du peuple algérien dans son combat contre l’impérialisme, contre le FMI et l’Union européenne et pour toutes ses revendications. C’est pourquoi nous dénonçons la répression dont il est victime, et nous réclamons la libération immédiate et sans condition des tous les manifestants emprisonnés.

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Dette publique : l’avis de Marx

Publié par promcomm le 18 mai 2010

Au moment où, au nom du paiement de la dette, le capital financier , le FMI , l’Union européenne et les gouvernements imposent des plans d’austérité dans toute l’Europe , il nous a paru utile de publier cet extrait du Capital de Karl Marx, consacré à la dette publique, aux liens qu’elle établit entre les banques et l’Etat et à ses conséquences sur les impôts.

Le système de crédit public, c’est-à-dire des dettes publiques, dont Venise et Gênes avaient, au Moyen Age, posé les jalons, envahit l’Europe définitivement pendant l’époque manufacturière.(…)

La dette publique, en d’autres termes, l’aliénation de l’Etat, qu’il soit despotique, constitutionnel ou républicain, marque de son empreinte l’ère capitaliste. La seule partie de la soi-disant richesse nationale qui entre réellement dans la possession collective des peuples modernes, c’est leur dette publique.(…)

Le crédit public, voilà le credo du capital. La dette publique opère comme un des agents les plus énergiques de l’accumulation primitive. Par un coup de baguette, elle doue l’argent improductif de la vertu reproductive et le convertit ainsi en capital, sans qu’il ait pour cela à subir les risques, les troubles inséparables de son emploi industriel et même de l’usure privée. Les créditeurs publics, à vrai dire ne donnent rien, car leur principal métamorphosé en effets publics d’un transfert facile, continue à fonctionner entre leurs mains comme autant de numéraire. Mais, à part la classe de rentiers oisifs ainsi créée, à part la fortune improvisée des financiers intermédiaires entre le gouvernement et la nation (…) la dette publique a donné le branle aux société par actions, au commerce de toute sorte de papiers négociables, aux opérations aléatoires, à l’agiotage, en somme aux jeux de bourse et à la bancocratie moderne.

Dès leur naissance, les grandes banques, affublées de titres nationaux n’étaient que des associations de spéculateurs privés s’établissant à côté des gouvernements et, grâce aux privilèges qu’ils en obtenaient, à même de leur prêter l’argent du public.(…)

Comme la dette publique est assise sur le revenu public, qui doit en payer les redevances annuelles, le système moderne des impôts était le corollaire obligé des emprunts nationaux. Les emprunts qui mettent les gouvernements à même de faire face aux dépenses extraordinaires sans que les contribuables s’en ressentent sur-le-champ, entraînent à leur suite un surcroît d’impôts; de l’autre côté, la surcharge d’impôts causée par l’accumulation des dettes successivement contractées contraint les gouvernements, en cas de nouvelles dépenses extraordinaires, d’avoir recours à de nouveaux emprunts. La fiscalité moderne, dont les impôts sur les objets de première nécessité et, partant l’enchérissement de ceux-ci, formaient de prime abord le pivot, renferme en soi un germe de progression automatique. La surcharge des taxes n’en est pas un incident mais un principe

Karl Marx

Le Capital , livre 1, 8e section, chapitre 31 la genèse du capital financier, pages 550-552, Editions sociales 1976

http://www.marxists.org/francais/marx/works/1867/Capital-I/kmcapI-31.htm

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L’enjeu de la bataille des retraites

Publié par promcomm le 1 mai 2010

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Tout le monde vous le dit : le problème des retraites et au-delà celui de toute la protection sociale, c’est le financement. Il y a donc un impérieux besoin de réforme. Président, gouvernement, patronat, experts, parti de la « majorité » parlementaire, y compris les directions des partis de gauche et des organisations syndicales : chacun à sa façon entonne le refrain de la réforme.

Il n’existe que deux façons de financer la Sécurité sociale : la cotisation assise sur le salaire ou l’impôt. Dans le premier cas, la cotisation sociale représente la part collective – socialisée – des salaires. Ce qui implique une gestion par les assurés eux-mêmes ou par leurs représentants élus. Dans le second cas, la Sécurité sociale devient une administration d’État comme les autres. Elle passe sous les mêmes contraintes que l’État impose déjà à l’Éducation nationale, à l’Hôpital et aux autres services publics.

Comme on peut le constater la différence est significative.

Si la Sécurité sociale est exclusivement financée par la part socialisée du salaire cela signifie que chaque salarié contribue selon ses moyens et reçoit en fonction de ses besoins. Ce principe fut admis par le consensus entre De Gaulle et Thorez à la Libération parce que la bourgeoisie avait besoin de travailleurs en forme pour reconstruire le pays. Aujourd’hui, le capitalisme ne peut plus le tolérer. Pour lui, c’est proprement monstrueux qu’une trop grande partie de la plus-value lui soit subtilisée.

Rester dans le cadre de la cotisation implique que la question du financement passe par la lutte quotidienne pour l’augmentation des salaires, l’interdiction des licenciements, la résorption du chômage et de la précarité sans oublier l’abrogation des exonérations des cotisations. Celles-ci sont, en dernière analyse, une diminution des salaires et une forte pression au blocage de ces derniers en dessous du seuil donnant droit aux exonérations.

Voilà le moyen par lequel les gouvernements de droite comme de gauche ont fabriqué année après année le trou de la Sécurité sociale. Pour ceux qui veulent taxer le capital, la seule taxe concrète et mesurable c’est l’augmentation des salaires et l’interdiction des licenciements. Tout le reste n’est que du vent !

Actuellement, le financement de la Sécurité sociale est hybride. La cotisation sociale y côtoie l’impôt depuis la création de la CSG [1] par Rocard. Puis ce fut Juppé avec le CRDS [2] et surtout la loi de financement concoctée par le gouvernement et entérinée par le parlement. C’est ainsi que le budget de la Sécurité sociale est entré dans le giron des dépenses publiques et soumis aux règles du Traité de Maastricht.

La suite est connue : régression progressive des prestations (forfaits en tout genre, diminution des remboursements, baisse des retraites). L’agression que prépare Sarkozy répond en tous points à ces exigences. Elle n’a rien à voir avec les scénarios catastrophes à 50 ans et tout simplement pas crédibles sur la démographie. C’est ainsi que partout dans les pays membres de l’Union européenne – plus ou moins mal notés par des agences liées aux banques que les États viennent de renflouer – la réponse est identique : baisse des retraites et des salaires, augmentation des taxes et des impôts, réduction drastique des services publics. La contre-réforme de Sarkozy épouse la même logique que celle de ses compères sociaux-libéraux de Grèce, d’Espagne et du Portugal. On retrouvait cette logique dans la live blanc de Rocard sur les retraites et dans les conclusions du sommet européen de Lisbonne en 2002, où Chirac et Jospin se prononçaient pour l’indispensable report de cinq ans de l’âge de départ à la retraite.

Une contre-réforme peut en cacher une autre

Mais ils n’ont pas l’intention de s’arrêter en chemin. Ce qui se profile à l’horizon c’est l’étatisation totale de la Sécurité sociale réduite à un service public a minima, une sorte de CMU généralisée. Ceux qui en auront encore les moyens seront libres d’avoir recours aux assurances privées. Nous pataugeons dans l’idéologie libérale pure : seuls les plus forts survivront.

Dans Les Echos du 2 avril 2010, le président du groupe UMP de l’Assemblée nationale, le bouillant Coppé, propose la fusion de la CSG avec l’impôt sur le revenu et pour être complet la fusion de l’URSSAF (organisme collecteur des cotisations sociales) avec la Direction générale des finances publiques. On retrouve la même idée dans le projet de nouveau programme du PS rédigé par Moscovici et adopté à l’unanimité de la direction du PS. Dans ce texte on relève que l’idée qui achèvera la Sécurité sociale s’impose par le « nécessaire redressement des comptes publics ».

La bataille des retraites a comme principal objectif d’obliger Sarkozy à mettre son projet à la poubelle et de revenir sur les décrets Balladur de 1993 et la loi Fillon de 2003. Il s’agit de rompre la spirale de l’échec sur une question vitale pour la classe ouvrière. Simultanément, la bataille des retraites doit contraindre l’UMP et le PS à oublier leur obsession d’étatisation de la Sécurité sociale.

Il est impératif de ne pas discuter les arguments de la bourgeoisie. Ils sont fallacieux, mensongers et volontairement alarmistes. Par exemple, le seul rapport qui a véritablement du sens, ce n’est pas celui actifs/inactifs (comme si les retraités étaient des oisifs) mais celui entre cotisants et non cotisants autrement dit entre ceux qui ont un emploi et ceux qui n’en ont pas. Cela renvoie à la question du début sur les salaires et l’emploi.

Il est impératif de refuser le dialogue social à la sauce Sarkozy. C’est un piège qui redore le blason présidentiel grandement terni par sa déroute lors des élections régionales. Les organisations syndicales dignes de ce nom doivent quitter le COR, cette machine à fabriquer des « diagnostics partagés » mais comme par miracle toujours favorables au patronat [3]. Le consensus Sarkozy-Thibault a déjà produit suffisamment de dégâts.

Il est impératif de se battre sur l’essentiel sans chercher de faux raccourcis et sans faire de la surenchère. Ce qui implique de ne rien lâcher sur le retour aux 37,5 ans maximum de cotisations. Un simple calcul montre que c’est l’unique façon de défendre la retraite à 60 ans.

La bataille des retraites met en jeu une conception de la société conforme aux intérêts de la classe ouvrière et pose ouvertement la question du socialisme dont la Sécurité sociale est un jalon. Il ne s’agit pas seulement de dénoncer les effets dramatiques de la crise du capitalisme en cours. Il ne s’agit pas d’affirmer que le monde du travail n’a pas l’intention de casquer pour cette dernière. C’est le capitalisme qu’il convient de mettre en accusation : « Si le capitalisme est incapable de satisfaire les revendications qui surgissent infailliblement des maux qu’il a lui-même engendrés, qu’il périsse ! » [4]

En ce sens la bataille des retraites est une bataille politique.

Émile Fabrol

1.- Contribution sociale généralisée : impôt prélevé à la source, c’est-à-dire sur le salaire.

2.- Contribution pour le remboursement de la dette sociale : impôt, prélevé comme le précédent, qui devait être limité dans le temps et que le gouvernement Jospin a pérennisé.

3.- Conseil d’orientation des retraites : organisme créé par Jospin et mis en place par Raffarin.

4.- Léon Trotsky, Le Programme de transition.

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