Prométhée – Site Communiste

Blog militant pour la construction du Parti Pour le Socialisme

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Archives pour juillet 2009

Prométhée s’adresse à ses lecteurs et lectrices

Posté par promcomm le 24 juillet 2009

Les membres du Collectif Communiste Prométhée ont fait le point sur leur action. Pour ceux d’entre nous qui ont adhéré au NPA, il n’y avait aucune illusion sur sa nature. Il s’agissait d’un ensemble militant nouveau et potentiellement favorable à l’expression et à l’organisation des révolutionnaires compte tenu de l’arrivée de nouveaux militants pour la plupart jeunes ou syndicalistes. Notre appréciation initiale n’est pas remise en cause malgré un fonctionnement pour le moins opaque et des orientations politiques mal définies comme l’illustrent les variations de positions envers le PCF et le PG (pas sûr que le Front de gauche existe encore) en particulier concernant d’éventuelles alliances électorales.

Notre rôle n’est pas tant de faire la liste des manques politiques, mais de travailler à des propositions en vue de l’élaboration d’une stratégie politique réellement anticapitaliste. Nous partons de l’idée que le NPA ne peut pas être d’une part simplement un (ou le) parti des luttes et d’autre part s’occuper de politique exclusivement en période électorale, qui plus est en modifiant sa tactique d’une élection à l’autre. Nous devons nous attacher à montrer ce que signifie en pratique un parti révolutionnaire des travailleurs. C’est ainsi que nous concevons notre participation à la construction du NPA.

L’axe de notre intervention dans les mois qui viennent peut se synthétiser ainsi : l’important ce n’est pas la préparation de la prochaine échéance électorale, l’important c’est la crise du capitalisme, l’important c’est l’action militante pour que les travailleurs soient en capacité d’y faire face. Au passage cette intervention n’est pas centrée exclusivement sur le NPA, elle s’adresse également à toutes les organisations (et militants) se réclamant du monde du travail.

Actuellement le NPA est présent dans toutes les luttes possibles, mais il n’est pas réellement présent sur le terrain politique. Pour notre part nous proposons la pratique du front unique sur des questions concrètes et vitales pour la classe des travailleurs. Autrement dit, il s’agit des questions qui éclairent la nature du capitalisme et qui permettent d’ouvrir des perspectives anticapitalistes (à savoir le socialisme). L’interdiction des licenciements est l’une de ces questions essentielles.

Cela est nécessaire mais pas suffisant. En ce qui nous concerne, la démarche politique d’un parti des travailleurs signifie : s’opposer à toutes les contre-réformes conduites par Sarkozy; s’opposer à ses pseudo-négociations (autrement appelées « dialogue social ») dans lesquelles se vautrent les organisations syndicales; combattre pour que ces dernières refusent d’y participer. Enfin une telle démarche doit se traduire par ouvrir clairement la perspective d’un gouvernement des travailleurs, seul capable de faire payer la crise aux capitalistes. Entre le combat sur des questions concrètes et la perspective du socialisme il y a le combat pour le gouvernement ouvrier.

Le centre de gravité de notre intervention politique peut s’exprimer ainsi : défense et illustration de l’indépendance de la classe ouvrière et de ses organisations politique ou syndicales. Cela peut se décliner sur les axes suivants :

  • Que recouvre une orientation politique réellement anticapitaliste ?

  • Quelle intervention des militants révolutionnaires dans les syndicats ?

  • Quelle politique opposer aux évolutions du capitalisme et de l’impérialisme (parfois également appelées « mondialisation ») ?

Dans ce cadre, nous nous attacherons à mettre en lumière les contradictions du PS et de l’ensemble de la gauche de gouvernement entre leur discours et leur gestion (ou plus exactement leur co-gestion) quand ils accèdent à des postes de responsabilités à quelque niveau que se soit de la Commune au Parlement européen, en passant par les Régions.

Nous nous plaçons dans la perspective de la constitution d’une tendance communiste dans le NPA. Cela passe par l’élaboration de ce que nous devons opposer à l’orientation actuelle de la direction du NPA. C’est une question préalable. D’autre part, dans l’immédiat, nous pensons qu’il n’est pas utile d’ajouter une « groupe » de plus ; mais que nous devons plutôt agir pour tenter de dépasser le trop plein actuel à la gauche du NPA. Si nous n’y parvenons pas, nous aviserons.

Le Collectif Communiste Prométhée édite un site internet  dans lequel il publie des prises de positions, des analyses et des propositions sous la forme de courtes déclarations ou de journal mensuel électronique. Enfin le Collectif Communiste Prométhée organise régulièrement des réunions sur des thèmes politiques précis.

Si ce chantier vous intéresse, laissez ici votre commentaire, demandez à recevoir notre journal ou contactez-nous à l’adresse suivante : promcomm@gmail.com.

Bobigny, le 24 juillet 2009

Publié dans Construction du parti, Crise du capitalisme, NPA, Politique gouvernementale | Laisser un commentaire »

La CGT doit défendre tous les travailleurs

Posté par promcomm le 9 juillet 2009

Le 24 juin 2009 à midi une cinquantaine de membres du SO de la CGT expulsent manu militari les travailleurs sans papiers qui avaient trouvé refuge depuis 14 mois à l’annexe Eugène Varlin de la Bourse du travail de Paris. Coïncidence troublante et symbolique, cette opération a eu lieu le jour même où Brice Hortefeux prenait ses fonctions de ministre de l’Intérieur.

La Bourse du Travail de Paris est cogérée par la Mairie de gauche et les organisations syndicales. Excepté Solidaires, tout ce « beau » monde, soulagé par l’initiative de la CGT, a choisi de se taire afin de faire oublier son inaction dans la défense des travailleurs sans papiers.

Les sans papiers n’occupaient pas la Bourse du Travail comme des grévistes occupent leur entreprise, des locaux patronaux ou publics. Ils y avaient trouvé refuge. Quoi de plus logique que des locaux syndicaux servent – aussi – à protéger des travailleurs sans droits et harcelés par la police du capital, puisque cette dernière intervient même dans les églises.

Les sans papiers ne bloquaient pas l’activité syndicale, tout au plus ils gênaient le train-train de ces bureaucraties qui monopolisent l’usage des locaux syndicaux, bloquant ainsi la libre expression des syndiqués qui veulent redevenir maitres chez eux. Enfin, à ceux qui restent modérés dans leur critique dans le but louable de ne pas nuire à la principale centrale syndicale nous demandons qui actuellement nuit le plus à la crédibilité de la CGT, sinon sa direction confédérale.

Il n’est pas question dans ces quelques lignes de traiter l’ensemble du problème de la lutte pour la régularisation des travailleurs sans papiers, mais force est de reconnaître que la direction de la CGT n’a jamais pris ce problème à bras le corps. Elle ne s’y est jamais totalement investie. Elle n’a jamais intégré cette lutte spécifique à l’action globale des travailleurs du pays. Ce sont des militants et des structures CGT qui l’ont fait. C’est l’attitude confédérale qui a épuisé les volontés et brisé le front unitaire qui s’était constitué. La direction confédérale s’est comportée comme si elle avait passé un compromis avec le ministre de l’Immigration de l’époque, un certain… Brice Hortefeux : « Vous faites un geste en régularisant un nombre significatif de sans papiers et nous nous chargeons de calmer le jeu. »

Plus généralement, cet ignoble épisode où une direction syndicale agresse des travailleurs est une nouvelle illustration de la mutation de la CGT en syndicat d’accompagnement, de la pratique du « dialogue social »; bref un syndicat raisonnable et responsable. Cet épisode s’inscrit dans la stratégie de la CGT – accompagnée par les huit autres organisations signataires de la plate-forme du 5 janvier 2009 (lire notre analyse)– qui l’a conduit à tout faire pour que le rejet de la politique du Président et du MEDEF finisse par s’enliser dans l’échec de la manifestation du 13 juin et dans une certaine mesure dans le succès symbolique des listes présidentielles le 7 juin. Malgré la puissance des journées de grèves des 29 janvier et 19 mars, malgré la victoire de la grève générale en Guadeloupe, ces directions ont assumé le triste rôle de bouclier de Nicolas Sarkozy.

L’agression des travailleurs sans papiers atteste, sur le terrain de la solidarité ouvrière, que la CGT est rongée de l’intérieur. Cette situation est de plus en plus mal vécue par de nombreux militants et de nombreuses structures qui commencent à le faire savoir. C’est ce mouvement qu’il faut amplifier, coordonner et construire. Il s’agit tout simplement de la défense de la CGT. Cette défense passe par un rappel compréhensible par tout le monde : la lutte de la classe des travailleurs ne se découpe pas en tranches. On gagne tous ensemble ou bien on se fait battre séparément.

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