Depuis le mois de février , Richard Descoings , chargé de mission par Sarkozy , pour faire passer la réforme des lycées , est en tournée dans les établissements. On se souvient que le gouvernement s’est jusqu’ici avéré incapable de mener à bien cette réforme et a donc délégué cette tâche à Descoings. Sa tournée des lycées s’inscrit dans les manœuvres préparatoires à la relance de la concertation relative à cette réforme,
Pour avancer, Descoings ne fait pas mystère sur son objectif de s’appuyer sur les bonnes dispositions dont font preuve les organisations syndicales, avant tout la première d’entre elles, le SNES-FSU : « On redémarre à zéro (…), c’est-à-dire concrètement sur la base de l’accord qui avait été trouvé au mois de juin avec les organisations syndicales et les organisations lycéennes » (Le Monde, 13.I). Il faut savoir que le contenu de l’accord de juin (les fameux « points de convergence »), c’était la nécessité d’avancer vers l’autonomie des établissements, donc le démantèlement de l’Education Nationale – donc inévitablement aussi dans la voie de la remise en cause du statut des enseignants (voir ce qui se déroule dans l’Enseignament Supérieur où la « réforme » du status des universitaires est la conséquence logique de la LRU).
Accepter le cadre de cet accord, de la concertation Descoings, c’est donc, inévitablement, mettre la main dans l’engrenage du démantèlement-privatisation que défendent Sarkozy et Darcos.
Jeudi 12 février, R. Descoings était donc au lycée Louise Michel de Bobigny. A cette occasion, il était prévu que se tienne une réunion, avec les enseignants, les personnels et les lycéens.
Réunis en assemblée générale , le matin même , en présence d’un responsable du S3 du SNES-FSU, les enseignants, avec leurs syndicats, avaient décidé de refuser purement et simplement de participer à cette consultation, estimant à juste titre qu’il s’agissait d’une opération visant à les faire participer à la mise en œuvre de la réforme Darcos. Ils adoptèrent ensuite une lettre ouverte expliquant leurs motivations pour refuser de se prêter au jeu de Descoings et Darcos, re réaffirmant les revendications enseignantes : contre la réforme Darcos, pour le rétablissement des postes supprimés, de la carte scolaire….
Le soir, à l’arrivée de Descoings , les enseignants étaient présents hors de la salle de réunion et brandissaient des pancartes exprimant leurs revendications et exigeaient le retrait pur et simple de la réforme. Seuls une dizaine d’enseignants (sur les 110 du lycée) participèrent à la réunion.
En prenant cette initiative, les enseignants de Louise-Michel indiquent à tous ce qui doit être fait pour en finir définitivement avec la réforme de Sarkozy et Darcos. Il faut rompre avec ce gouvernement, refuser de collaborer avec lui.
C’est d’ailleurs ce mouvement qui se concrétise dans le supérieur – le refus du SNESup-FSU de participer aux pseudo négociations de Pécresse créée une situation intenable pour le gouvernement. Affaibli comme il l’est depuis le 29 janvier, celui peut difficilement espérer pouvoir passer en force – la collaboration des directions syndicales lui est indispensable. Et c’est justement cette absence de collaboration qui rend la situation de Pécresse si difficile.
On comprendra donc aisément pourquoi nous considérons que la défense de l’Enseignement public nécessite que dans le secondaire se multiplient les initiatives pour imposer que le SNES et la FSU rompent avec Sarkozy-Darcos, refusent la concertation Descoings.
L’exemple de Bobigny montre que ça n’a rien d’impossible.
Annexe : Lettre ouverte des enseignants du lycée Louise Michel de Bobigny à M. Richard Descoings à l’occasion de sa venue au lycée le jeudi 12 février 2009.
Monsieur Descoings,
Tout d’abord, nous voudrions dire que nous n’avons aucune hostilité personnelle à votre égard, ni en tant que directeur de l’Institut d’Etudes Politiques, ni en tant que Président de la Fondation Sciences Politiques. Pour autant, nous ne participerons pas à ce que nous considérons comme un simulacre de consultation avec le représentant de M. Sarkozy. Car, c’est bien mandaté par le Président de la République que vous organisez cette consultation nationale et que vous venez aujourd’hui dans notre lycée. Lisez la suite de cette entrée »