Rosmer, Trotsky et la question du Parti

   Publié au 2e trimestre 1993 (numéro 5 de la revue Prométhée)   

Échanges de lettres de 1931 entre Rosmer et Trotsky sur la question du parti

letrre-vo

Lettre aux abonnés de la Vie ouvrière 1915

Les trois textes qui suivent, s’ils ne sont pas méconnus des historiens, n’ont pas, à notre connaissance, encore été publiés. Ils sont extraits des archives de Mougeot, militant de l’Opposition de gauche de Longwy (déposées au Musée social). Ils donnent un éclairage sur la rupture Trotsky/Rosmer, relativisant la dimension politique du désaccord sur la question syndicale. Le ressort de l’attitude de Rosmer est le parti, son mode d’organisation et son style de direction.

Dans une lettre de Marguerite Rosmer à Mougeot, du 24 juillet 1929, à propos de la Vérité, elle écrit : « on va recommencer cet hebdomadaire en l’ouvrant largement à tous ceux qui sont oppositionnels, c’est-à-dire à combattre la bolchévisation avec énergie (…) On va essayer de recommencer proprement, sans hypocrisie, sans mensonge et il faut bien que les honnêtes hommes nous aident. »

Dans une lettre de la même à Trotsky, du 16 avril 1929, faisant allusion à la constitution en 1926, en URSS, de l’Opposition unifiée par la fusion de l’Opposition de gauche avec celle de Zinoviev et Kamenev, on lit : « Ne nous obligez pas à repartir avec ceux-là car les quelques mois que leur activité désordonnée nous fera peut-être gagner en apparence, nous les paierons encore par des années de recul quand il faudra travailler uniquement pour les rejeter hors du parti. »

Dans ce cadre, il est troublant de constater que le départ des Rosmer de la Ligue communiste internationale (LCI) coïncide avec l’entrée de Treint, qui en 1924, déclencha la purge contre Rosmer, Monatte et le « trotskysme » dénoncés comme agents de la « droite internationale » à la direction de la Ligue communiste en France et de Ruth Fischer à celle de la LCI. Une fois encore se posait la question de la nature du parti et de son rapport à la classe.

Emile Fabrol Lire la suite

Le cynisme des « socialistes » européens

medefpsAu concours international du plus gros mensonge de l’année, à l’unanimité du jury, la palme d’or a été attribuée au… Parti « socialiste » européen (PSE). Le 17 avril, le PSE tiendra meeting à Paris, en présence de Martin Schulz (candidat à la présidence de la Commission européenne) sur le thème : « l’austérité en Europe est une erreur » (1).

En Europe, comme partout ailleurs, l’austérité est plus qu’une erreur c’est un crime social produisant des effets dramatiques dans les classes sociales qui n’ont pas le privilège de détenir du capital.

Cette affirmation du PSE contredit la pratique de toutes ses sections depuis des décennies puisqu’elles ont mis, mettent et mettront l’austérité en œuvre. En Allemagne, Schröder et son comparse Hartz ont instauré une sévère austérité qui fait baver d’envie la bourgeoisie française. Aujourd’hui, le SPD persiste en cogérant le pays avec Merkel. Le PSOE en Espagne et le PASOK en Grèce ont suivi le même chemin. Le premier a perdu les élections et le second a été licencié par le tandem Sarkozy-Merkel pour laisser la place à la troïka (2). Lire la suite

En passant par la Bretagne

bretagneA elle seule la Bretagne est un concentré de l’horreur capitaliste. L’agriculture a été colonisée par l’industrie agro-alimentaire aux conséquences destructrices pour les paysans (devenus dépendants des firmes industrielles) et pour l’environnement (pollution, algues vertes, etc). Pendant de longues années, l’industrie agro-alimentaire s’est engraissée par l’exploitation d’une niche productiviste et à grand renfort de subventions publiques. Aujourd’hui, cette niche subit les assauts de concurrents, essentiellement d’outre-Atlantique. Un comble, Doux importe même des poulets du Brésil. Ajoutons que l’austérité généralisée dans les États membres de l’Union européenne conduit à la réduction drastique des subventions. Et, cerise sur le gâteau, le gouvernement de « gauche » décide de mettre en œuvre l’écotaxe votée dans une touchante unanimité avec la droite sous Nicolas Sarkozy. Lire la suite

Après l’écotaxe : la taxe sur l’air

Publié le 3 novembre 2013

vignette97Selon le principe que toute chose à un prix, des indiscrétions en provenance de Bruxelles laissent entendre que serait à l’étude une taxe sur la consommation humaine de l’air (TCHA). En effet à ce jour l’air que l’on respire est la seule denrée encore gratuite.

Dans les diverses instances de l’Union européenne on cogite pour savoir comment définir cette nouvelle taxe, plusieurs hypothèses sont envisagées. Celle qui retiendrait l’attention serait une taxe proportionnelle au volume de la cage thoracique du respirant. Des exonérations totales ou partielles seraient prévues pour les enfants en bas âge et pour les vieillards hospitalisés. En revanche une surtaxe frapperait les fumeurs. Il serait même à l’étude une une vignette sur les véhicules automobiles selon le principe que les pollueurs doivent être les payeurs. Redoutant une grogne des routiers, les camions bénéficieraient d’une détaxe partielle.

D’autre part nous ne savons pas comment la TCHA serait perçue. On parle d’un acquittement annuel, mais les initiateurs sont inquiets devant les effets éventuels du montant à régler en une seule fois.

Dernière difficulté : à qui confier l’encaissement de cette taxe. Pour la confier au secteur privé il faudrait recréer des sortes de fermiers généraux avec un risque d’explosion politique en France. Quant à instituer un monopole public, la Commission européenne s’y refuse ne voulant pas entendre pas prendre une décision contraire au traité de Maastricht.

Texte publié sous la signature de Glasno Zuth, rubrique « canulars politiques », dans le numéro 28 de la revue Prométhée1er trimestre 1997