Pour une convergence anticapitaliste

Publié le 8 février 2006

2005 aura été marquée par de nombreuses journées de grèves et de manifestations dont plusieurs « journées nationales d’actions » dont celles du 10 mars et du 4 octobre ayant regroupés chacune 1 500 000 manifestants. 2005 aura été marquée par la nette victoire du non ouvrier et populaire à la constitution européenne de la « concurrence libre et non faussée » le 29 mai. Enfin, 2005 aura été parquée par l’explosion du désespoir de la jeunesse des banlieues ouvrières, ces zones de non droit social où se concentrent tous les effets inhumains du capitalisme sauvage.

On peut caractériser la situation politique actuelle par la contradiction suivante : un fort regain de contestation sociale et politique exprimée d’une part par la victoire lors du référendum du 29 mai et d’autre part par une succession de défaites syndicales depuis 2003 dont les plus significatives sont les lois contre les retraites et l’assurance maladie, la poursuite des privatisations à l’EDF, à la SNCM et à la RTM. Pendant ce temps là, les gouvernements Chirac-Raffarin et Chirac-Villepin poursuivent une politique de destruction délibérée des conquêtes sociales imposées à la bourgeoisie par la lutte de la classe ouvrière dans les dernières décennies. Or le pouvoir est régulièrement battu aux élections nationales depuis 2004. Le régime bonapartiste de la 5e République vient même de perdre dans un référendum-plébiscite, pourtant un des piliers de cette constitution avec l’élection au suffrage universel du monarque républicain.

Ajoutons, pour que le tableau soit complet, que la direction du PS a partagé la défaite du 29 mai avec la droite. C’est ainsi qu’après un vote de classe, un vote relevant de la lutte de classe, le triumvirat Chirav, Villepin, Sarkozy peut, malgré sa trouille d’un mouvement d’ensemble de la classe ouvrière, poursuivre sa sale besogne, en recourant aux méthodes antidémocratiques des ordonnances et du 49-3, qu’en s’appuyant sur les béquilles que sont les directions du PS et des grandes confédérations syndicales qui attendent sagement les échéances électorales de 2007.

Plus que jamais 2007 n’est pas l’objectif de la classe ouvrière. Laisser se dérouler le calendrier prévisionnel des échéances électorales ce se préparer à la classique alternance entre le libéralisme pur et le social-libéralisme dont nous subissons les effets depuis près d’un quart de siècle. Car même « réunifiée » le PS ne constitue plus, depuis le 29 mai, cette force dominatrice devant laquelle toutes les forces de gauche et d’extrême-gauche devaient s’aligner. Il est impératif de tenir compte des faits. En appelant ouvertement à voter oui à la concurrence libre et non faussée contre l’opinion d’une majorité de ses électeurs populaires, la direction du PS (et ceux qui ont réalisé la synthèse) a montré, une nouvelle fois, qu’elle n’avait pas d’autre objectif que de gérer honnêtement le capitalisme et faisant miroiter d’illusoires aménagements à la marge et tout à fait tolérables par le capital.

L’heure est à la construction d’une convergence anticapitaliste dans les luttes et dans les urnes. Face à l’offensive généralisée contre la classe ouvrière dont les plus beaux fleurons sont le CPE, le CNE ou l’apprentissage dès 14 ans, il est possible de gagner en virant le triumvirat Chirac, Villepin, Sarkozy par la grève tous ensemble et au même moment. Cette convergence peut se construire à partir de la volonté, exprimée de maintes façons en 2005, de refermer, une bonne fois pour toute, la parenthèse ouverte par l’union de la gauche en 1982, c’est-à-dire l’adaptation à marche forcée du pays aux exigences du capitalisme mondialisé, cette adaptation passant obligatoirement par l’Union européenne car la bourgeoisie française n’avait, et n’a toujours pas, les moyens de l’imposer toute seule à la classe ouvrière.

Cela implique de se prononcer clairement pour l’abrogation de toutes les mesures antisociales prises par les divers gouvernements français et par l’abrogation des traités et directives européens. C’est à cette tâche que doivent s’atteler, ici et maintenant, les militants communistes membres du PCF ou des organisations d’extrême-gauche et les militants socialistes qui refusent de renier leur bataille contre le traité constitutionnel européen. Cette convergence anticapitaliste représente la seule solution efficace et réaliste pour commencer le long et ardu travail révolutionnaire pour en finir avec le régime d’exploitation.

Si le mouvement de la classe ouvrière ne parvenait pas à bousculer le calendrier électoral prévu par la bourgeoisie, autrement dit si 2007 arrive en 2007, alors ce travail commun et ce programme commun permettraient, dans tous les cas, de secouer le carcan des schémas traditionnels, et les discutions sur la tactique à adopter dans un second tour d’élections se poseraient autrement. A l’heure où sont écrites ces lignes, rien n’est moins sûr qu’encore une fois la classe ouvrière, pour empêcher l’élection des libéraux, soit contrainte de voter pour un social-libéral. Il est tout fait possible que, pour barrer la route à un gouvernement des travailleurs, pour les travailleurs et par les travailleurs, les sociaux-libéraux choisissent, comme pour le référendum et comme en Allemagne, l’alliance avec la droite.

Soyons à l’offensive ! La classe ouvrière n’a rien à perdre.

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